Monday, 28 February 2011

True Grit : western à la sauce Coen-Coen.


Une jeune première qui a du génie, des dialogues croustillants et un duo d’acteurs inédit … Le petit dernier des frères Coen est sorti le 23 février en France, avec ses défauts, mais il vaut le détour.


Rentré bredouille de ses dix nominations aux oscars, True Grit a pourtant largement convaincu les critiques qui se sont notamment empressés de sacrer Hailee Steinfeld nouvelle princesse de Hollywood. La jeune actrice interprète le rôle d’une adolescente qui fait parfois le double de son âge, partie venger son père assassiné dans l’Ouest américain de la fin du XIXème siècle. Après Elle Fanning qui joue Cleo dans le Somewhere de Sofia Coppola, c’est la deuxième fois en quelques semaines que l’on nous fait l’éloge planétaire d’une petiote de 14 ans. Celle de True Grit n’aura pas volé sa nomination aux oscars car, sacrée Hailee, grâce à un jeu dynamique, se fond dans la peau de ce personnage au caractère bien trempé et porte seule le film pendant les vingt premières minutes. Elle lui donne du rythme, une âme, le ton.


Mattie Cross a quatorze ans. Son père a été tué par le dénommé Tom Chaney qui a pris la fuite après avoir volé à sa victime sa jument et deux morceaux d’or. Le crime ne restera pas impuni. A force de harcèlement et aidée d’un peu d’argent savamment racketté, la fillette s’offre les services de Rooster Cogburn (Jeff Bridges), un Marshall qui a la fabuleuse réputation d’être un vrai « homme de cran » (traduction manquant de nuance de l’expression a man of true grit en anglais), mais n’en reste pas moins gros, borgne et un peu ivrogne sur les bords. S’incruste dans cette chevauchée en territoire indien LaBoeuf (Matt Damon), un homme de loi – un vrai texas ranger qui se prend pour un cow-boy mais que Rooster et Mattie, eux, ne prennent pas vraiment au sérieux. De ces trois personnages un peu bancals, lequel fera preuve du plus grand courage, de… true grit?


Presque tous les ingrédients du western sont réunis, mais nous avons affaires aux frères Coen. Le regard amusé des réalisateurs vient se calquer sur le point de vue à la fois naïf et affûté de Mattie. Elle est aussi le narrateur du livre de Charles Portis dont est adapté le film et c’est là tout l’intérêt, même si les frères Coen n’hésitent pas à l'alléger la présence de cet unique mais imposant personnage féminin dès qu’il le devient nécessaire, pour s’intéresser de plus prés à Cogburn et LaBoeuf, un duo tout aussi intéressant que la rencontre entre Matt Damon et Jeff Bridges. Le spectateur est invité à observer la relation entre ces deux hommes tour à tour rustres, sensibles, protecteurs, immatures, forts, lâches qui s’illustre dans quelques scènes qu'on a laissé durer, savoureuses, aidées par un excellent jeu d’acteur. Habitué aux rôles de types (trop) intelligents, bons ou mauvais, Matt Damon est ici remarquable en bêta. Plus en retrait que d’habitude, il laisse Jeff Bridges, l’acteur et le personnage, défiler en tête. Ce dernier reprend le rôle de John Wayne qui lui avait permis de remporter l'unique oscar de sa carrière en 1970.


Que ceux qui attendent le retour du genre western sur nos écrans passent leur chemin. True Grit est un faux western au même titre que Kill Bill n’est pas un film de kung fu. Dans la lignée des oeuvres de Tarantino, les films des frères Coen utilisent un champ lexical, une imagerie particulière propre à un genre cinématographique précis et qui fait probablement écho à la propre mélancolie des cinéphiles qui sommeillent en eux. Mais True Grit manque de piment. Si les dialogues sont réussis, le scénario est un peu faible. La rencontre entre Mattie et l’assassin de son père semble trop facile, presque préméditée. Contrairement à Tarantino, les frères Coen maîtrisent mal les mécanismes du suspense, mais l’on ne leur reprochera pas de ne pas savoir divertir. Coen et Coen ont choisi de privilégier le point de vue à l’action, au risque de déplaire à certains, mais après tout, qu’importe ?


Liens:

True Grit sur IMDB

Critique de Thomas Messias

Monday, 14 February 2011

BAFTAS and the winners are

Meilleur film
Le Discours d'un roi

Meilleur film britannique
Le Discours d'un roi

Meilleur premier film pour un scénariste, réalisateur ou producteur britannique
We Are Four Lions - Chris Morris (Réalisateur/Scénariste)

Meilleur réalisateur
David Fincher (The Social Network)

Meilleur scénario original
David Seidler (Le Discours d'un roi)

Meilleur scénario adapté
Aaron Sorkin (The Social Network)

Meilleur film en langue étrangère
The Girl With The Dragon Tattoo

Meilleur film d'animation
Toy Story 3

Meilleur acteur
Colin Firth (Le Discours d'un roi)

Meilleure actrice
Natalie Portman (Black Swan)

Meilleur second rôle masculin
Geoffrey Rush (Le Discours d'un roi)

Meilleur second rôle féminin
Helena Bonham Carter (Le Discours d'un roi)

Meilleure musique
Le Discours d'un roi

Meilleure cinématographie
True Grit

Meilleur montage
The Social Network

Meilleurs décors
Inception

Meilleurs costumes
Alice au Pays des Merveilles

Meilleur son
Inception

Meilleurs effets spéciaux
Inception

Maquillage et coiffure
Alice au Pays des Merveilles

Court-métrage d'animation
The Eagleman Stag

Etoile montante
Tom Hardy

Sunday, 13 February 2011

Baftas 2011: le point sur le cinéma anglais


A quelques heures du lancement de la cérémonie des BAFTAs, les cinéphiles anglais font le point sur la bonne santé de leur cinéma que l’on sent petit a petit s’émietter, s’éparpiller, se perdre ? Un peu. Disparaître ? Non quand même pas… Mais pas loin. La faute au public Anglais qui se fiche des Tamara Drewe et autres Kid. Forcément, chez les investisseurs comme chez les distributeurs, on préféra mettre ses billes dans l’histoire d’un roi bègue, le nouveau Danny Boyle, et, toujours, ce fameux sorcier de la Warner qui squatte les écrans depuis dix ans. Pendant qu'Harry et ses amis monteront sur scene pour recevoir leur prix spécial, Stephen Frears, chez lui, tentera de lire l'avenir du cinéma anglais en infusant un sachet d' Earl grey. Boudé par son public et les BAFTAs, son dernier opus a connu plus de succes chez nous - d'ailleurs Tamara Drewe est sortie en France deux mois avant l’Angleterre.

Du coup, le cinéma indépendant anglais n’en a pas fini de souffrir. On lui prédit des années difficiles car le budget du British Film Institute (équivalent au CNC dont dépend la survie financière du cinéma hexagonal) qui n’était déjà pas bien élevé se voit diminué de 15%. C’est le nouveau gouvernement qui l’a dit : le pays est en pleine récession, il faut absolument faire des économies.

Quand même, divertissons-nous un peu. En ce 13 février, la presse anglaise a les yeux rivés sur Colin, seul acteur anglais nommé dans sa catégorie et qui porte le film aux 14 nominations. On lui souhaite déjà le même sort que Marion Cotillard, qui avait raflé Golden Globes, BAFTA, et Oscar en 2008.

Pas de surprises majeures dans les nominations de 2011, on se croirait presque aux Etats-Unis… Black Swan, Inception, The Social Network, True Grit, c’est toujours le même refrain. On compte sur Jonathan Ross, star du talk show télé et radio en Grande-Bretagne, pour nous rappeler que nous sommes bel et bien à Londres, en espérant qu’il nous serve quelques surprises entre trois blagues et deux stars. Banksy a-t-il préparé un coup au cas ou il remporterait la statuette du meilleur premier film ? Des Hommes et des Dieux, sorti début décembre en Angleterre et très bien reçu par la presse anglaise, pourrait-il trouver son public sous l’impulsion d’une victoire ?

Faites vos pronostics.